Publié par : tourismedentaire | 28/05/2011

CHÔMAGE … TSUNAMI !

POURQUOI PLUS DE PAUVRETÉ ?
 

Le dernier sondage réalisé par l’institut Social Weather Stations, commandé par le journal BusinessWorld Daily et repris par tous les grands quotidiens sauf un, reconnait que :

Selon ce sondage, réalisé entre les 4 et 7 mars de cette année, 27,2 % des personnes interrogées déclaraient être sans travail.

La situation est des plus claires : le taux des sans emplois était de 23,5 % en novembre 2010 et de 20,5 % lorsque le Président Aquino est entré en fonction en juin 2010.

Si le sondage de SWS est extrapolé au niveau du pays, le taux de chômage de mars 2011 veut dire que le Monsieur Aquino a présidé sur une économie dans laquelle, en tout juste neuf mois, 2,8 millions de personnes ont été ajoutés à la liste des chômeurs. Ce qui fait que le pays compterait aujourd’hui de l’ordre de 11,3 millions de personnes sans emplois.

 

Et la situation risque d’empirer avant la célébration du premier anniversaire de la prise de pouvoir du Président Aquino. En effet, traditionnellement le nombre de chômeurs augmente en avril et mai, avec l’arrivée sur le marché du travail des lycéens qui sortent du système scolaire et des étudiants qui diplômes en poche, partent à la recherche d’un premier emploi.

Si l’on se base sur les chiffres publiés par SWS, Monsieur Aquino se distingue par le fait d’être le premier Président, dans les dernières décennies, à voir une montée aussi brutale de la courbe du chômage durant sa première année d’exercice du pouvoir.

Même la première année de la courte présidence de Joseph Estrada n’était pas aussi mauvaise. Selon un sondage, toujours réalisé par SWS, la première année d’Estrada a vu le taux des sans emplois passer de 10 % en juillet 1998 à 7,5 % en juin 1999. D’un autre côté, le taux des sans emplois durant la première année d’exercice de la Présidente Gloria Arroyo a reculé de 10,3 % en juillet 2001 à 8,4 % en mai 2002.

Ce n’est que depuis 1993 que SWS effectue des sondages sur le chômage, il faut utiliser les données statistiques du Bureau du Travail et de l’Emploi pour voir comment se sont comportées les administrations antérieures durant leur première année au pouvoir.

Le taux des sans emplois durant la première année sous la loi martiale de Marcos diminue et passe de 6,1 % en août 1972 à 5.1 % un an plus tard.
Le chômage augmente durant la première année au pouvoir de Corazon Aquino, passant de 7 % au premier trimestre de 1986 à 10,2 % en juillet 1987. Avec 8,5 % de sans emplois au début de la présidence de Monsieur Ramos en juillet 1992, le taux passe à 8,6 % en juillet 1993.

Le taux de chômage, le pire jamais enregistré, est donc à mettre au crédit de l’administration Aquino. De plus, durant cette première année, il n’y a pas eu de crise économique de l’ampleur de celle de 1997, il n’y a pas eu de menace de terrorisme comme il y en a eu après le 11 septembre 2001 et les cours du pétrole n’ont pas explosé durant les 11 derniers mois.

Oui, il y a eu la crise des pays arabes, le Moyen Orient et l’Afrique du nord, mais seulement quelques milliers de travailleurs philippins ont perdu leurs jobs du fait de ces crises.

Ironiquement, le raisonnement de Monsieur Aquino, qui pense que tout ce qui a été touché par la précédente administration sent la corruption, explique en partie ce taux extrêmement élevé de personnes sans emplois.
Monsieur Aquino est même fière d’annoncer que les membres de son gouvernement ont annulé ou relancé des appels d’offres, pour plus de neuf milliards de pesos de projets, dans le seul secteur des infrastructures. Il dit que ces projets doivent être contrôlés de façon à s’assurer qu’il n’y a pas eu de corruption de la part des officiels de la précédente administration.

Le montant est en fait nettement supérieur aux neuf milliards annoncés. Les données du Ministère du Budget montrent  que le montant total des dépenses, dans les projets d’infrastructures et autres, a diminué de 28 milliards de pesos comparé au programme de l’année précédente.

Les dépenses de maintenance et d’opération ont été amputées de 19 Milliards. ‘’Durant les six premiers mois de son mandat, le Président Aquino était très (trop) occupé à contrôler les projets de l’administration Arroyo, de ce fait rien n’a bougé,’’ disait récemment l’économiste et ancien ministre du Budget Benjamin Diokno.

Pour expliquer très simplement ce qui se passe, imaginons un ouvrier qui a été embauché dans le cadre d’un projet gouvernemental de route, projet approuvé il y a un an ou plus. Soudainement il se retrouve sans emploi, le projet est stoppé afin de laisser le temps aux officiels de l’équipe Aquino de contrôler qu’il n’y a pas eu corruption et éventuellement de relancer un appel d’offre.

Allez sur le site du Public Works and Highways Departement (DPWH) et regardez les annonces au sujet de nombreux projets, se chiffrant en milliards de pesos, qui font l’objet d’un nouvel appel d’offre.
Un vœu sincère de lutte contre la corruption ? Dans ce cas ce sont des Saints … ou veulent-ils avoir eux aussi leur part du gâteau, maintenant qu’ils sont au pouvoir ? Commentaire d’un ancien officier de DPWH.

Il y a une autre raison qui explique le chiffre catastrophique du chômage. La confiance dans le leadership de Monsieur Aquino, sa capacité à gouverner en leader, cette confiance présente dans les premiers mois suivants son investiture, s’est évanouie.
Les hommes d’affaire se sont certainement rendu compte que le Président Aquino n’avait pas la stature, ou tout du moins qu’il donnait l’impression de ne pas avoir la stature, de ce fait la majorité d’entre eux ont repoussé à plus tard leurs projets d’investissements.

 

Cette perception du chef de l’État a certainement été renforcée par l’image inconsistante et molle de son équipe économique. Le Secrétaire aux Finances, Ministre du budget, Monnsieur Cezar Purisima, semble plus apprécier son rôle de justicier, à la poursuite des fraudeurs et tricheurs, qu’au  rôle plus traditionnel de Ministre des Finances, le premier interlocuteur et meneur de l’équipe économique du gouvernement.

Le Directeur de la Neda Cayetano Paderanga et le Ministre du Commerce et de l’industrie Gregory Domingo sont pratiquement des ministres invisibles.
Le plus important  programme de Monsieur Aquino, qui porte sur une enveloppe, pas très bien définie d’ailleurs, de 22 milliards de pesos, n’est pas motivé par un programme de politique économique, mais par un programme social pour les plus pauvres : le conditional cash-transfer program. Distribution de cash pour les plus pauvres, les déplacés, etc. Louable charitable et géniale que cette forme de redistribution, car conditionnée à certaines actions des bénéficiaires, comme l’obligation de mettre leurs enfants à l’école, mais totalement irréaliste du fait du contexte économique et du climat des affaires.

 

Si Monsieur Aquino ne fait rien pour améliorer la situation économique très rapidement, la voie du respect des lois et des institutions, voie sur laquelle il semble vouloir surfer, sera balayée par la vague des sans emplois.

 

 

Pour ceux qui vivent en dehors de Philippines, comment percevez-vous la situation économique du pays ?

Pour ceux qui vivent ici, avez-vous l’impression que les pauvres deviennent plus pauvres ?

 

Expériences, critiques et commentaires, comme toujours sont les bienvenus.

 


Responses

  1. Un président de la République n’a pas vocation à être un chef d’entreprise comme peut l’être celui de la Soviétie française… qui n’est qu’un village Potemkine.

    Les emplois financés par le gouvernement sont autant de prélèvements en plus sur les décisions d’initiatives privées qui sont la source du véritable tissu économique, et donc de ce fait, l’ampute.

    Il y a-t-il une réelle volonté de mettre le pays sur les rails de la croissance ? J’en doute car le statu quo semble toujours préférable pour toute autorité.

    A mon sens, je pense qu’il faut considérer qu’il n’y que deux échelons qui vaille : celui de l’économie locale et celui de l’économie internationale. Rien ne sert de donner du poids à l’échelon intermédiaire, étatique, qui n’est finalement qu’un parasitage. Pour l’Etat, quasiment ne rien faire est ce qu’il y a de mieux à faire, mais le si peu, le faire bien (assurer la sécurité juridique…).

    A quoi bon former des diplômés tellement en manque d’idée qu’ils ne peuvent devenir que fonctionnaire (étatique ou dans de grosses boites privées mal gérées) ou agent de production quand il y a des usines ? Ça, c’était valable au bon temps de la Soviétie française (le feu de paille des 30 glorieuses).

    Pour étudier vraiment, et devenir un véritable créateur de richesse, il faut en avoir envie et accepter constamment de se frotter à la difficulté de l’apprentissage. Ce qui n’est vraiment pas le cas des cycles de formation qui font dans la facilité, le pré-mâché et pré-déterminé. Or le futur n’est pas de cette nature (sauf celui de nature soviétique à terme non pérenne) et demeure un grand point d’interrogation.

    Je sais que pour un vraiment pauvre, l’urgence c’est le quotidien (manger, mettre à l’abri sa famille…). Mais si l’on améliore ce quotidien, va-t-on ensuite voir naitre un mouvement, une dynamique qui va prolonger cette amélioration ? Il me semble que non. Le désir curieux de comprendre, de faire l’effort de, ce désir n’est pas restauré, n’apparait pas. On reste vautré dans ses habitudes : les filles d’aller sur Facebook et les garçons de jouer à ces jeux de garçons dans les cyber-cafés.

    Internet pour étudier ? A bon, cela peut servir à cela ! Mais au final, à quoi cela sert ? Voilà pour le rôle de ce média qui se cantonne à ce qui vient d’être dit précédemment (Facebook, jeu de combat), cela pour ceux qui sont devenu un peu moins pauvre.

    Alors, à quoi bon se préoccuper des pauvres ? La seule chose qui peut soucier les autorités est qu’ils se rebellent… Et moins ils sont formés aux écoles socialistes (pléonasme) moins ils auront tendance à se rebeller (cf. l’Égypte…).

    Il faudrait peut-être un exemple pour faire la différence, un qui partage la vie d’une famille pauvre, contribue à un peu la sortir de la pauvreté en lui permettant enfin d’avoir un toit à elle pour la toute première fois, et hébergé au sein de cette famille se sert lui-même d’internet (puisqu’on ne vas pas le faire) pour se former et produire une application de dimension internationale contribuant à terme à des gains de productivité, cela amorce de croissance et donc de développement ? Mais qui peut avoir la prétention de figurer un tel exemple à contre-courant de tout ce que l’on peut faire pour amorcer la croissance ?


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